Ce week-end, alors que je suis sortie pour profiter d'une magnifique après-midi ensoleillée, j’ai eu envie de reprendre de vieilles habitudes et d'emmener avec moi un carnet de croquis et un fusain. M'attablant à une terrasse, j'ai simplement commencé à reproduire ce qui se trouvait devant moi. A priori, pas vraiment le meilleur point de vue, mais bon, n'aillant pas d'idée particulière, je me lance...
Ohlala! Rien ne fonctionne dans ce croquis, tout est de travers! Je commence à peine à dessiner une chaise, qu'elle est toute tordue! Alors je recommence un nouveau trait en redessinant par-dessus l'ancien. Puis je rajoute quelques détails. Je dessine les lampes et me rends soudain compte que je ne peux pas les voir dans le cadrage de la feuille. Il y a aussi ce poteau juste en face de moi : c'est pas beau mais comme il est là en vrai, je le laisse! Je dessine les dalles...Oh non, c'est pas le bon point de fuite! Bref, rien ne va!
Et pourtant...si vous saviez le bien que ça m'a procuré de faire ce petit croquis à première vue si insignifiant! Le plaisir de prendre ce fusain du bout de mes doigts, de les noircir presque autant que ma page, avec le bruit du frottement sur le papier. Prendre le temps de l'observation. Arrêter le temps. Le suspendre un instant! Apprécier chaque détails de ce que l'on voit, même si on ne retranscrit pas tout. Le dessin n'est pas la réalité, ce n'est qu'une interprétation. Je suis le filtre au travers duquel une image, un instant, est passé!
Et toute concentrée sur mon bout de papier, je ne remarque pas tout de suite une jeune fille m'observer. Elle regarde ce que je fais, intéressée. Elle me raconte qu'elle aussi adore dessiner. Sa maman se joint à elle, et nous échangeons quelques mots, puis une serveuse nous rejoint, curieuse. Je n'aurait pas imaginé qu'un simple bout de papier noirci puisse ainsi attirer l'attention. Et bien que ça n'ait pas été mon intention, je suis heureuse d'avoir pu créer un contact, un échange avec ces quelques personnes.
Le dessin m'a toujours attirée, mais sans savoir vraiment pourquoi, j'ai toujours été extrêmement complexée par ma façon de dessiner, trouvant qu'il existait bien plus doué que moi! Et c'est vrai, il existe indéniablement bien plus doué que moi, mais ça ne devrait en rien affecter mon plaisir de dessiner. Car c'est finalement ça le plus important, cette envie d'observer, de reproduire, de créer ! Et toute jeune, il m'est arrivé pour décompresser, de prendre un carnet et de quoi griffonner et de choisir un endroit à dessiner...dans des parcs, dans des bars, en vacances devant le bord de mer, ou devant un monument.
Alors bien que je ne soit ni Van Gogh ni Picasso, c'est décidé, pour mon plaisir personnel, je vais me remettre à dessiner!
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